Le centre hospitalier de Douai condamné à verser 24 103 € à la maman du nourrisson mort à 4 jours

Publiée sur la Voix Du Nord le 21 mai 2026

Pauline Wattebled a enfin sa réponse. Le tribunal administratif de Lille a tranché en sa faveur, mercredi, et reconnu le centre hospitalier de Douai responsable de la mort d’Adrien*, son fils, quatre jours après sa naissance.Partage :

Le centre hospitalier de Douai et son assureur ont deux mois pour faire appel de la décision du tribunal administratif de Lille.
Le centre hospitalier de Douai et son assureur ont deux mois pour faire appel de la décision du tribunal administratif de Lille. – PHOTO ARCHIVES THIERRY THOREL

Par Cécile Marchant

« La décision de réalisation d’une césarienne en extrême urgence aurait dû être prise dès 14 h 53 alors qu’elle n’a été prise qu’à 15 h 10, soit 17 minutes plus tard », a estimé le tribunal administratif de Lille mercredi. Or, « au-delà de 15 minutes, les séquelles neurologiques sont importantes ». Les magistrats devaient se prononcer sur la responsabilité du CH Douai dans la mort précoce du petit Adrien*, quatre jours, le 15 juillet 2020.

Ils ont reconnu la responsabilité du centre hospitalier dans les complications subies par Pauline Wattebled, alors âgée de 20 ans, lors de son accouchement. « Il y a lieu de considérer que le retard de mise en œuvre d’une césarienne a engendré une encéphalopathie anoxo-ischiémique », dont les conséquences ont été fatales pour le petit Adrien. Les souffrances endurées par le nourrisson ont été évaluées par les experts à 6 sur une échelle de 7.

Les magistrats ont toutefois estimé que « si Mme Wattebled soutient qu’elle n’a pas été informée des risques de poursuite du travail ainsi que de ceux résultant de la réalisation d’une césarienne, cette absence d’information n’a pas entraîné de dommage ». Ce grief n’a donc pas été retenu.À lire aussiElle réclame la condamnation du centre hospitalier de Douai pour la mort de son bébé

Enfin, des explications

In fine, le CH Douai et son assureur ont été condamnés à verser 24 103 € à l’Aubygeoise de 26 ans, au titre des préjudices subis par elle-même et par son fils, capitalisés des intérêts et de 3 000 € au titre des frais engagés. Conformément aux recommandations du rapporteur public Guillaume Vandenberghe, la cour a retenu que les chances de survie d’Adrien* avaient été réduites de 50 % par la prise en charge insuffisante de Pauline Wattebled.

« Ma cliente est satisfaite de la décision », dit son avocat Me Alexandre Demeyère-Honoré. « Tout le monde lui disait que c’était la ‘faute à pas-de-chance’. » Elle dispose désormais d’une décision « qui la reconnaît en tant que victime » et « surtout d’explications ». Le centre hospitalier de Douai dispose de deux mois pour faire appel. Quant à Pauline Wattebled, « elle va pouvoir commencer à tourner la page », enfin.