En 2020, la discothèque le Macumba, dans la zone commerciale d’Englos, était victime d’un braquage. Trois hommes, lycéens à l’époque, étaient interpellés dans la foulée, à la suite d’une course-poursuite. Le trio était jugé mardi.
Publié que le site de la Voix Du Nord le 23 Octobre 2026 à 11h12
Moins de quatre minutes. C’est le temps qu’il aura fallu à ces braqueurs pour s’emparer de la recette de feue la discothèque le Macumba, dans la zone commerciale d’Englos mais dans le territoire de la commune d’Ennetières-en-Weppes.
C’était il y a six ans. Le 26 février 2020, il est bientôt 14 heures, quelqu’un frappe à la porte de la boîte de nuit. Deux employées sont à l’intérieur, l’une attend un colis donc elle ouvre. Devant elles, deux hommes encagoulés, gantés, vêtus de noir. Surtout, ils sont munis d’armes de poing, qu’ils pointent sur elles. Les deux femmes(1) sont sommées de les conduire au coffre. Terrifiées, elles s’exécutent.
Les deux braqueurs repartent avec le butin et prennent la fuite à bord d’une vielle Peugeot 106 conduite par un troisième complice. Les services de police sont prévenus par les nombreux témoins de la scène. Les fuyards sont rapidement pris en chasse.La course-poursuite se termine rue de la Digue, à Lille, après qu’un fourgon de police leur a barré la route. Une collision qui blessera un policier.
La course-poursuite se termine rue de la Digue, à Lille, après qu’un fourgon de police leur a barré la route. Une collision qui blessera un policier (5 jours d’ITT). Les trois jeunes hommes prennent la fuite à pied mais sont interpellés dans la foulée. Tous reconnaissent immédiatement les faits. Le butin est retrouvé sur place : 37 675 euros.
« Il révisait le bac quelques heures avant ça »
Face à la violence des faits, leur profil détonne. Trois lycéens de terminale âgés de 18 et 19 ans, inconnus des services de police. Dans la voiture, le sac de cours de Y. B. est retrouvé. « Il révisait le bac quelques heures avant ça », rappelle son avocat Me Alexandre Honore-Demeyre.
Y. B., le chauffeur (qui n’avait pas le permis) dit avoir accepté « un plan sous ». Quand il a vu la police, il a paniqué. « Dans trois mois je passais le bac, je ne voulais pas aller en prison. Je roulais n’importe où, je voulais juste m’enfuir. J’ai jamais eu l’intention de percuter le véhicule de police », assure-t-il.
Erreur de jeunesse
Après ce braquage plus ou moins avorté, ces trois-là déclarent avoir dû fuir la métropole lilloise pour échapper à des menaces de représailles. Six années ont passé depuis le braquage.
Jugé mardi par le tribunal correctionnel de Lille, les trois plaident l’erreur de jeunesse. « J’étais complètement perdu à ce moment-là. Je n’avais pas conscience de ce que je faisais, lance K. S. J’suis choqué de revoir ces images. » ; « J’ai conscience d’avoir fait quelque chose de gravissime ». Après ces faits, ce dernier obtiendra son bac. Il est aujourd’hui étudiant en master dans la finance. K. S. et A. N. rateront l’examen. Ils ont depuis été condamnés plusieurs fois pour divers délits.
« Il faut tenir compte des faits eux-mêmes. Si cela s’était passé il y a une semaine, on n’aurait pas fait dans le détail. Il s’est passé six ans. Vous avez toujours reconnu les faits. Vous étiez inconnus des services de police à ce moment-là. Après, les parcours ont varié. On ne peut pas sanctionner plus sévèrement parce que vous avez commis des infractions après », détaille le président du tribunal au moment de rendre sa décision.
Y. B., défendu par Maître Alexandre DEMEYERE-HONORE est condamné à cinq ans de prison avec sursis simple. A. N. et K. S. écopent, eux, de quatre ans de prison, assortis d’un sursis probatoire de deux ans.